Je lame, tu lames: ils se plantent.

Planter.
Du verbe planter un objet quelconque dans un corps saignant pour pas qu’il se relève.

Avec le même amour que le jardinier qui plantent pour qu’elles poussent?

Du métier de planteur.
Qui vit au milieu des mièvres lovés dans leurs soucis d’électro-ménagerie-vestimentaire pour voiler l’ennui qui les dévore aux fonds de leurs riens.

Planter une lame.
De l’action de plonger violemment le plant d’un geste rude.

Loin de s’amadouer, la tiédeur de la norme apaise la tension du planteur, recharge l’énergie uniquement fixé sur un ou plusieurs plants à greffer dans une triade classique:
objet / corps / crie

Contre-coup de l’écoute d’un planteur:
inflammation de l’aire du rêve.

Une nuit entière à planter celui ci et les autres.
A chaque coup, le corps endormi se réveille dans sa sueur.
A chaque repos d’après plantage, la position se fige en lutteur, les poings serrés, prêts à rebondir, car derrière, le corps ou la nuit, on ne sait jamais ce qui peut surgir.

C’est dur d’être un dur.
T’es toujours rattrapé par ta réalité.

C’est trop mou d’être doux.
T’es toujours dépassé par l’alité.

L’hallali réelle vaut-elle le coup de s’y planter à répétition ainsi ?

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