Braillard brigand solitaire s’ombre

Fonction de l’illusion
Friction de la fiction
Feuilleton de nos frictions
Effeuillage de nos illusions
Fiction de nos illusions.

Doucement dans la nuit encore, les pas avancent une masse indécise. Ombre parmi les contours flous, rescapés de batailles à ne pas raconter, affrontements encore obscur, pénétrations des poings dans les poches au lieu des faces à ravager. Des pas avançant. Des pas qui supplient les cicatrices de se calmer. La palpitation cardiaque se fait durement sentir à chaque aller trop rapide. Flux des à coups sanguin qui d’habitude le garde en rage mais là l’oblige à ralentir son moteur de moulinets de bras de fer. Finalité de la tragédie automatique. Murmure grave des gens sans dents qui geignent au sol. Surélevé, l’accès s’ouvre. Repliés, les mis à bas se protègent. Les vainqueurs du haut s’emparent des butins. Car butiner est leurs fonctions jusqu’à ce qu’ils rencontrent d’autres butineurs, d’autres aussi emplis de sang sans aucune compassion pour les gueules à déformer. Qu’ils les reforment, même le poing encore plein de douleur, ils acquiescent la joie d’être dans le rang des vainqueurs. Rejoindre le kiff. La tête dans le film qu’ils veulent pénétrer de force. Tant pis des outrages. Rage à cracher sur toute face qui comprend pas. Affront des bétons. Blocs des épaules. Etre sur des coups à donner et à recevoir se disent les pas tatonnant dans l’ombre des fourrés l’accès au replis du repos, l’interstice d’un espace neutre, sans enjeux des forcenés, un temps où se cicatriser. Machine à dévastation butinant les proies qui là tente de respirer plus doucement. La cote fêlée lui lance tout le coté, parfois remonte jusqu’au bout du crâne par flash successifs. Qu’a-t-il à faire sinon à attendre le prochain enjeux… Autant s’imbiber d’alcool fort qui le fera couler plus sûrement dans la demi conscience hors du présent qui le lasse. Attendre le prochain jeux. Atteindre l’accélération rapide et d’ici là vivre muet sur ce moteur qui bout en tout temps dans sa cage thoracique. Calme toi. Patiente. Ramolli toi le temps qu’il faut. Trop dur, les muscles et la vigilance s’atrophient. Respire le whisky à l’ombre nocturne des sapins. Gouttes. Cascades de gouttes. La pluie lave le sang des baveux qui rampent et lui observe déjà ses prochaines proies.

Le guerrier solitaire entre en contact avec de fades créatures, celles du dehors, celles emprisonnées dans leurs pauvres misères, celles loin des vraies problèmes, celles qui tournent en rond dans les petits pas qui les mènent à détester leurs petites vies ronronnantes. Les aspirer, ces fades créatures, c’est facile. Puis les recracher quelques temps plus tard, qu’elles retournent dans le sein en manque de leurs fades fadeurs. Distraction sans lendemain, juste celles de quelques temps de délassement. Prendre et les relancer, comme si tous les échanges des doux moments n’avaient jamais existé. Après tout, ce ne sont que des débris juste bon à composer la fade grisaille du quotidien. Des bons à rien inaptes à la survie de la jungle. Qu’ils aillent tous se décomposer ailleurs, au mieux qu’ils se prennent des coups pour ressentir la douleur de vivre. Que la douce fadeur de leur pauvre vie soit entaché d’une telle belle blessure d’os fendus, sang et peur, que pour s’en détacher seule police, état, famille les accompagnera dans la rémission des blessures qui jamais se cicatriseront.
Qu’ils crèvent tous… masse inerte.
Qu’eux aussi vivent à vie la plaie éternellement béante.

Le bout de bois rescapé du naufrage flottait sur l’eau. Le soleil reluisait quelques diamants humides sur ses aspérités. Clapotis sur les rebords. Balancement du rondin entre les vagues irrégulières. Pourtant, quelques temps auparavant, déchirement du ciel noir et tempête détruisirent le fier vaisseau. Le bout de bois sans attache se laissait voguer. Depuis, il se balançait de vague en crête de vague. Détaché du vaisseau et sans attache, il se laissait porter… une vie sans contrainte, juste celle de se laisser flotter de port en port. N’est ce pas beau ?

Hérissé de plaies, il avance encore. Endoloris de coups et sans volonté de les calmer, il continue. Annulation, désolation, désintégration. Coup pour coup, prêt à riposter, il garde sa méfiance toujours en éveil. Le long rouleau de bitume s’allonge. Rien n’affaiblit sa rage. Hurlement au soleil. Œil brulé. Pas de protection ni de rémission ni de compassion. Le bloc sanglant est intact, jusqu’à la dernière palpitation.
Auparavant, bien longtemps en arrière, enfantillage de l’affront ; désormais cruelle crudité de l’affrontement perpétuel, sans fin ni devenir. Longue route en boucle d’une complainte d’un certain monde où le poli s’aiguise, où la bienséance se resserre aux creux des poings, où la compréhension sert à mieux frapper.

Les masses suivent les maîtres des langues flatteuses et s’aveuglent des flaques de bienséances.

A la lumière du jour, vitrine brille, les filles empilent les papiers à compter, la queue devant les guichets, les automates vrombissent. Les pilleurs dorment. Frénésie des braillards enfumés sous alcool aux sourires adipeux s’est estompé dans la balance régulière du ronflement péteux… jusqu’au prochain éveil.

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