Couloir des vies en passage

Quatre heures a attendre.
Que pouvons nous avoir en tete lorsaue nous devons attendre, se mettre sur pause, sous le suintement de petits sons electriques persiflant

Au pied plus loin, voire a trois pieds et quelques pouces,
une petite fille.
Par terre, elle encastre une poupee blonde sur un cheval blanc.
Et nous?
Plus de jeux jouet a encastrer?
Juste fermer les yeux et s assoupir?
Dormir est il notre seule possibilite de se raconter des histoires?
Ou bien, nous faisons la queue devant la playstation en esperant que l improbable miracle de la defascination tombe sur le joueur envoute qui occupe l ecran ou il se passe tant de choses en opposition au sol plat des vies plates qu arepnte nos pieds plats de se lamenter de trainer un temps long et sans rien en ces couloirs d envols.

Allongeons les jambes alors,
allongeons les a cote d une dame des iles lointaines,
et garder l impression d etre deja loin,

Postons le regard sur le couloir,
la ou passe des vies occupes, sans jeux, si ce n est l enjeux de l envol.
Des corps gros, raidis, trop cools, trop fiers, trop pileux, trop restreints…
un defilement sans fin
oh un bloc de cravateux noir, impression de bonne soeur,
une calvacade de pas presses,
des bouches aux sons etranges,
des curiosites pile a l heure ou j aurai du etre dans un musee voir des creations,
voila que j observe des creations de la vie,
des formes concretes de tous les arrangements des genes.

Un jeune grand couple beau enlace avance.
A leur cote une petite dame grosse au pas presse essaye de suivre leur avance.
Elle fixe ebahie la beaute du grand gars et profite de la reponse a sa question pour l admirer.
Elle est perdue qu elle dit,
pas envie de finir en ce terminal dis donc.

Sur un charriot, un vieux monsieur stupefait, recroqueville sans mouvement, le pied depasse du systeme.
Le pousseur s arrete et remet le pied a la bonne place, le scratche.
Une vieille dame souriante derriere.
On ne sait pas si le vieux monisuer percoit ce qui l entoure.
Le chariot repart, l etiquette de l envol tourne au concentrique extreme de la roue.

Un paysan ardent de rentrer dans a ferme lointaine,
clopine a petit pas,
sa facon de courir vers le B 20 qui va fermer annonce la voix,
et il fait vite apparement,
et se racle brutalement la gorge comme s il etait tout seul dans son champ de patates.

Un couple avance calme.
Lui en chenise souriante hawaienne.
Elle en robe a froufrou dentelle blanc lunette annes cinquante.

Une grosse dame porte un chien dans ses bras.
Derriere, courille un petit homme qui serre la maison du nchien.
Il demande a sa grosse d une voix fluette: Arretons nous ici
et elle tres autoriaire et voix grave: Non, plus loin!

Plus loin, une femme a la poitrine completement descendue sur son ventre rebondie.

Un groupe de pilote et hotesses, le pas alerte de l aeroport,
traversant sans peine n importe quel couloir,
les physiques jamais ingrats
rient.

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