Alerte de la 4 voies au futur passager solitaire dans son ilot central

Nous attendons le tramway.
Ici c est tramwaj.

Lodz Fabryczna.

La gare n a pas change. Son allee de petits cubes de platique vend toujours des sandwichs entoures de saoulards locaux qui jamais ne decolleront. Malgre qu ils soient bronzes ou que certains portent des chaussures roses, leur odeur pisse est tres forte.
La fatigue alcoolique et son haut degre proche du 90 qu ils ingurgitent semble avoir aussi attaque les facades environnantes. Ici, il y a encore des immeubles en peau de vache, des plaques qui ont lache prises pour laisser voir les briques. Des trous noircis par la pollution. Rien a voir avec les staccatos d immenses immeubles precedents sur les larges avenues peu avenantes mais qui dont ont ete presque la plupart ete repeints avec des fausses impressins de perspectives paysageres geometriques ouvrant les regards, ce qui est mieux oui que ces vastes gris anciens qui barraient les horizons.
Mais ici, dans la petite gare, l horizon est bas.

Apres le parking, il y a une grosse avenue a 4 voies.
Voitures bruyantes entre les nids de poules.
Au milieu de ces 2 x 2 voies, 2 paires de rail fluet.
Des plaques disjointes permettent une relative securite au milieu du torrent pour attendre le tramwaj.
Ca bruit.
Beaucoup.

Entre les cubes de sandwiches a viande et les kiosques Ruch ou on trouve de tout et ou il faut se baisser enormement pour communiquer avec l interieur qui recele un vendeur qui lui aussi se contorsionne pour achopper notre regard qui se baisse au plus bas ecrase par la reduction de l ouverture du au tas d achanladage vitrinal qui ne fait pas bon menage avec la large ouverture d une simple relation de clientele, et donc entre tous ces cubes de vente, un panneau.
La future ville.
De nouveaux blocs, gros blocs et la gare souterraine, nouvelle.

De l ilot central d attente du tramwaj, nous voyons par dela les murs en peau de vache regurgites, l immense complexe cousin de techernobyl, ex machine a faire de l electricite pour la ville, toujours la, ses deux tours vides et ses baies vitrees immenses, tout pour attirer l amour de David Lynch qui la y fera son musee d art, sous la face des saoulards saouls locaux toujours le regard effare et bas vers les poubelles qu ils trient encore et toujours.

Ilot central au milieu des 2 x 2 voies devant les 2 x 2 rails.

Une voiture evite un nid de poule et s arrete.
Police.
Un officier seul dedans.
Un haut parleur sur le toit.
Prise en main de micro.
Crissement hurlant.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Sursaut soudain.
Oreille couinee.

Que se passe t il ?
David Lynch nous installe deja sa bande son sifflement hurlule ?

La mamie assise d un bond est bord de la 2 x 2 voie.
Nous, trois personnes, s approche de l officier.

Le haut parle siffle hurlule grave aigue, couinement vif saignant.
L officier l arrete coiuic.

L epaule bouge, la vitre descend.
Il parle tete dehors fenetre vent passage rapide voitures autour.

Comment ? c est pas pour nous ?
Ah c est pour le passager de l autre cote de l ilot ?
L homme tout seul dans l arret tramwaj face ?
Y a pas tramwaj pour lui ?

Ok.
Merci.

La voiture repart cahote.
L officier dedans.
En fait pas police.
Toujours son haut parleur disfonctionnant hurleur sur le toit.
L homme en face seul futur passager volontaire n a rien compris.
Apparition nouvelle brutale.
Notre tramwaj est la.
Bruyant cliquetis metal.
Pschhht les portes au marches etroites peu pratiques a grinmper.
Oreille toujours sifflante se laisse emmener par le wagon cahotant.

Quittons l ilot au milieu des 2 x 2 voies
avec son unique pas futur passager de l autre cote de l attente
tres bon pour l amour situation David Lynch.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Y est il encore ce soir nuit souffle vent entre lampadaire
l unique futur passager du tramwaj qui jamais n apparaitra a lui ?.


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